Nos tutelles

CNRS

Nom tutelle 1

Nos partenaires

Nom tutelle 2 Nom tutelle 3

Rechercher





Accueil > A la une > Archives > Nouvelles scientifiques

Pourquoi Titan n’a-t-il jamais eu d’océan ?

Titan, le plus grand satellite de Saturne, possède une atmosphère épaisse dominée par l’azote et par le méthane. Le brouillard dense et de couleur orangée cachant la surface du satellite est produit par la photolyse du méthane dégazé depuis son intérieur, de l’azote et de leurs produits de dissociation, qui mène essentiellement à la formation de l’éthane et d’hydrocarbures plus lourds. Au cours des vingt années qui ont précédé l’exploration de la surface de Titan par la mission Cassini-Huygens, les astronomes estimaient que les taux de production et de condensation de l’éthane étaient tellement importants qu’il devait exister un océan global recouvrant la surface de Titan, dont la profondeur pouvait atteindre 1 kilomètre.

Cependant, les observations de la sonde Cassini-Huygens, réalisées depuis fin 2004, n’ont seulement révélé la présence de quelques lacs épars localisés à de hautes latitudes et dont les faibles dimensions ne permettent de contenir qu’une faible quantité de l’éthane produit au cours de l’histoire de Titan.

Deux astrophysiciens, Olivier Mousis (Institut UTINAM/Observatoire de Besançon/INSU-CNRS/Université de Franche-Comté) et Bernard Schmitt (Laboratoire de Planétologie de Grenoble/Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble/INSU-CNRS/Université Joseph Fourier) ont récemment montré
 [1] que la principale cause de la déficience en éthane liquide de la surface de Titan provient des remontées de laves de glaces (cryolaves) chaudes et poreuses qui recouvrent progressivement la surface du satellite. Les hydrocarbures liquides produits dans l’atmosphère de Titan percolent à travers le magma poreux qui est composé de couches successives de cryolaves formées au cours des épisode consécutifs de dégazage du méthane. Le liquide stocké dans les pores du sous-sol de Titan devrait ainsi former un réservoir de clathrates d’hydrates riches en éthane, potentiellement isolé de la surface.

En supposant une porosité de l’ordre de 10% pour la cryolave constituant le sous-sol de Titan, une couche de clathrates d’hydrates de moins de 2300 mètres d’épaisseur est requise pour enfouir tous les hydrocarbures liquides générés dans l’atmosphère du satellite au cours de son histoire.

Contacts :

Olivier Mousis

Tél. : 03 81 66 69 21

olivier.mousis chez obs-besancon.fr

Bernard Schmitt

Tél. : 04 76 51 41 50

bernard.schmitt chez obs.ujf-grenoble.fr


[1Sequestration of ethane in the cryovolcanic subsurface of Titan 2008, Olivier Mousis & Bernard Schmitt. Astrophysical Journal Letters, sous presse.